L’enquête de l’Université de Genève montre un système académique à bout de souffle (Le Temps, 20.1.2022)

Par Fabien Goubet

Les situations de précarité et de harcèlement relevées ne sont pas des cas isolés, mais bien la conséquence d’un mal structurel qui ronge le système académique, estime l’association genevoise du corps intermédiaire

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Beaucoup de chercheurs de l’Université de Genève jugent leur situation précaire (Le Temps / ATS, 19.1.2022)

Une bonne part des chercheurs de l’Unige ont peur de glisser dans la précarité en raison de l’incertitude qui entoure leur avenir professionnel, selon les résultats d’une enquête, qui met également en lumière le poids du harcèlement.

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Le grand débat – Chercheur en Suisse, un statut trop précaire? (RTS Forum, 18.1.2022)

Débat entre Laure Piguet, Membre du comité de l’association du corps intermédiaire de l’université de Genève, Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de Swiss Universities, Fabien Fivaz, Conseiller national (Verts/NE) et président de la commission de l’éducation et Angelika Kalt, directrice générale du Fonds National de la Recherche (FNS).

https://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/12798124?startTime=2

Une décision de justice avive le débat sur la précarité des chercheurs (Tribune de Genève, 29.12.2021)

Une décision de justice avive le débat sur la précarité des chercheurs

L’Université n’a pas rétribué correctement un de ses anciens chargés de cours. Elle devra le rémunérer a posteriori. Une brèche dans un système qui précarise le corps intermédiaire?

https://www.tdg.ch/une-decision-de-justice-avive-le-debat-sur-la-precarite-des-chercheurs-238115149288

Précarité plutôt qu’excellence dans les universités suisses (SolidaritéS, 28.10.2021)

Le 8 octobre, le collectif Petition Academia a déposé auprès de la Chancellerie fédérale 8600 signatures « Pour la création d’un nombre conséquent de postes stables pour les chercheur·euse·s post-doctoraux·ales ». Entretien.

Les hautes écoles suisses brillent tellement à travers le monde qu’on a du mal à voir la précarité en leur sein. Tu pourrais nous expliquer un peu ?

Le personnel académique accomplit trois types de tâches : recherche, enseignement et administration. Les politiques actuelles misent sur la recherche, sans pour autant offrir des conditions de travail dignes pour les personnes qui la produisent. La rhétorique de l’excellence et la publication des classements des universités dans les ranking masquent les conditions de travail des personnes qui produisent cette « excellence ».

Non seulement 80 % du personnel des universités est embauché à durée déterminée, mais de plus ces personnes ne sont pas forcément jeunes ou en formation, contrairement à ce que l’emploi systématique du terme « relève » pourrait faire croire. « L’excellence » académique suisse repose sur une armée de précaires.

Votre collectif décrit un personnel très divisé par le fonctionnement « élitiste » et concurrentiel des hautes écoles. Comment avez-vous réussi le tour de force de vous organiser collectivement ?

Face à cette mise en compétition exacerbée et néfaste, nous sommes de plus en plus nombreux·ses à faire le choix de l’entraide, de la solidarité et aussi de la sororité, car les femmes sont nombreuses dans notre collectif. La pétition nous a aidé·e·s à nous fédérer de manière nationale et à maintenir les liens et l’investissement dans le temps.

Par ailleurs, dans le système académique, il y a de plus en plus d’appelé·e·s et de moins en moins d’élu·e·s. Les chercheurs·euses ne trouvant plus leur place, le recours aux luttes collectives et à la syndicalisation va sans doute augmenter.

Quelles sont les suites prévues au dépôt de la pétition à Berne ?

Nous avons remporté une victoire importante, celle de la reconnaissance publique du problème de la précarité académique par les instances dirigeantes suisses. Avec nos allié·e·s politiques et syndicaux·ales, nous allons continuer à maintenir la pression sur les instances académiques et faire avancer les débats au sein du Conseil national. Nous luttons pour un changement structurel des hautes écoles, le combat sera long, mais nous sommes prêt·e·s.

Propos recueillis par Thomas Vachetta